Langue

Villes

Wat Mangkon Kamalawat

Photo: This Photo was taken by Supanut Arunoprayote. Feel free to use any of my images, but please mention me as the author and may send me a message. (สามารถใช้ภาพได้อิสระ แต่กรุณาใส่เครดิตผู้ถ่ายและอาจส่งข้อความบอกกล่าวด้วย) Please do not upload an updated image here without consultation with the Author. The author would like to make corrections only at his own source. This ensures that the changes are preserved.Please if you think that any changes should be required, please inform the author.Otherwise you can upload a new image with a new name. Please use one of the templates derivative or extract., CC BY 4.0

Temple chinois mahayana

Audioguide Wat Mangkon Kamalawat (Leng Noei Yi)

Bangkok · 5 étapes · 25 min

Entre les commerces de Charoen Krung s'ouvre une tête de dragon : le plus grand monastère bouddhiste chinois de Thaïlande, d'où les Chinois de Siam négocièrent leur foi, leur pouvoir et leur chance avec les rois thaïlandais.

  • 25 min d'audio
  • Architecture teochew

Le Wat Mangkon Kamalawat naquit en 1871 sous le nom de Wat Leng Noei Yi, « temple du dragon et du lotus » en teochew, quand le moine chan Sok Heng, venu de Chine, ne tenait plus avec ses disciples dans son premier temple de Yaowarat. Les travaux, commandés sous Rama V au haut fonctionnaire Phraya Chodukratchasetthi, durèrent environ huit ans et suivirent le plan d'un palais teochew : enceinte murée, axe nord-sud, salles hiérarchisées et cours. Une fois terminé, ce fut le plus grand monastère de la secte chinoise du pays et le siège du clergé bouddhiste chinois de Thaïlande.

Le temple est d'architecture teochew, mais pendant près de soixante-dix ans il fut gouverné par des moines hakka, à commencer par le fondateur lui-même, né à Jiaying. Cet héritage traversa l'exclusion du clergé chinois des cérémonies royales, le retour en Chine d'un abbé et le départ à Hong Kong d'un autre en pleine politique antichinoise de Phibun. Ce n'est qu'en 1948, avec l'abbé teochew Chang Yi, que le bouddhisme chinois de Thaïlande passa aux mains des Teochew, où il est resté depuis.

À voir

  • Salle des Quatre Rois célestes — Gardiens en armure chinoise tenant luth, épée, parasol et pagode
  • Triade de l'ubosot — Sakyamuni, Amitabha et le Bouddha de la Médecine, escortés par 18 arhats
  • 58 divinités — Bouddhistes, taoïstes et confucéennes, avec Tai Sui et Cai Shen en tête des requêtes
  • Dépôt du destin — Le petit livret rouge que le temple garde un an avant de le brûler
  • Pavillon de Sok Heng — Le moine chan venu de Chine qui fonda le temple en 1871

Charoen Krung est l’une des rues les plus commerçantes de Bangkok, et au milieu de son trafic de boutiques et d’étals s’ouvre un portail rouge orné de distiques en caractères chinois. Derrière se trouve le Wat Mangkon Kamalawat, le grand monastère bouddhiste chinois mahayana de la ville, élevé à partir de 1871 par le moine Sok Heng et devenu siège administratif du clergé bouddhiste chinois de Thaïlande. La plupart des sources s’accordent sur cette date, l’année bouddhique 2414 ; une fiche encyclopédique attribue en revanche la fondation à Rama III, avec un achèvement en 1846, une donnée difficile à concilier avec l’arrivée du fondateur lui-même.

L’histoire du Wat Mangkon Kamalawat est celle d’une communauté qui dut se faire une place à Siam : un moine sans maison qui reçoit un titre royal, un temple qui se dispute la couleur des robes, des abbés qui partent en des temps antichinois et une dévotion qui continue aujourd’hui d’enfumer ses autels. Comprendre que voir au Wat Mangkon Kamalawat passe par la lecture de son architecture comme un palais teochew en axe, de la salle des gardiens au pavillon du fondateur, et c’est ce parcours que l’audioguide suit étape par étape.

Le temple est l’une des grandes étapes de Chinatown, et à peu de distance, à l’entrée du quartier, le Wat Traimit garde le plus grand Bouddha d’or massif du monde.

Un dragon penché sur Charoen Krung

Wat Mangkon Kamalawat

Résumé de cette étape

La visite commence face au portail, où le bruit de la rue se heurte à une porte de style chinois flanquée de distiques parallèles et du nom du temple. Ce nom est déjà un programme : « Leng Noei Yi » signifie en teochew « temple du dragon et du lotus », et la dénomination officielle thaïlandaise, Wat Mangkon Kamalawat, traduit la même idée. La Wikipédia thaïlandaise date son octroi du 16 février 1912 et l’attribue à Vajiravudh (Rama VI), bien que plusieurs sources l’adjugent à son père, Chulalongkorn.

Le dragon n’est pas qu’un mot. Selon la tradition des trois temples-dragons, Leng Noei Yi est la « tête » d’une route qui se poursuit à Leng Hok Yi, le « ventre », à Chachoengsao, et à Leng Hua Yi, la « queue », à Chanthaburi ; c’est pourquoi sa façade regarde vers le Chao Phraya, comme l’exige le feng shui d’une tête de dragon. Une étude académique, en revanche, place le temple en position de ventre, et le débat reste ouvert.

L’animal reparaît sous terre. Depuis 2019, la station Wat Mangkon de la ligne bleue du MRT porte le nom du temple, avec des colonnes rouges, des dragons dorés au plafond et un escalier de descente qui imite le ventre d’un dragon. Comment la rue, le fleuve et le métro s’emboîtent dans ce corps symbolique, c’est ce que la narration dévoile sur place.

Quatre rois guerriers pour un moine sans maison

Salle des Quatre Rois célestes

Résumé de cette étape

Le portail franchi, l’axe nord-sud mène à la première salle, celle des Quatre Rois célestes, les « Si Tai Thian Ong ». Ce sont quatre grands gardiens en armure de guerrier chinois, deux de chaque côté, et chacun tient son attribut : un luth pipa, une épée, un parasol et une pagode. Ils gardent les quatre points cardinaux et marquent le seuil entre la rue et l’espace sacré.

Cette salle est la première marche d’un plan qui suit cinq principes de l’architecture teochew : enceinte murée, axe nord-sud, hiérarchie de salles le long de l’axe, symétrie et cours. La séquence, en bois et en brique, avance des gardiens à l’ubosot du centre et à la salle des divinités du fond, sous des toits courbes couronnés de dragons et de motifs floraux.

Derrière ce palais se tient un moine qui arriva sans rien. Sok Heng, de l’école chan (zen) de la branche Linji, débarqua de Chine avant 1871 et logea dans un sanctuaire abandonné de Guan Yin à Yaowarat, le Yong Hok Am. Quand ses moines n’y tinrent plus, il entreprit en 1871 un chantier qui dura environ huit ans. Le saut de ce refuge à cet axe monumental se raconte en détail face aux gardiens.

Des robes disputées sous trois bouddhas dorés

Triade de bouddhas de l'ubosot

Résumé de cette étape

Au centre de l’axe se dresse l’ubosot, la salle d’ordination. Y règnent trois bouddhas dorés, les « Sam Po Hut Cho » en teochew : Sakyamuni, Amitabha et Bhaisajyaguru, le Bouddha de la Médecine, accompagnés de 18 arhats et avec devant eux un autel où se célèbrent les rites.

Cette salle recèle aussi un paradoxe. Monastère mahayana, elle célébra, du temps de ses deux premiers chefs, le kathin, l’offrande de robes propre au bouddhisme theravada thaïlandais. Le rite fut interrompu environ 40 ans et, depuis 1956, des fidèles thaïlandais et chinois l’organisent ensemble chaque année.

La robe a aussi servi de frontière. Selon une tradition documentée, en 1928, l’abbé de Leng Noei Yi demanda au gouvernement de Siam qu’aucun moine chinois étranger à sa branche ne puisse porter le jaune, et la rumeur courut que les autres devraient changer leur tunique pour une noire. Les autorités rejetèrent la demande, mais l’épisode dépeint une lutte pour le prestige et les dons de la communauté chinoise, dont l’audioguide reconstitue l’arrière-plan devant les trois bouddhas.

Un petit livret rouge contre l’année de choc

Autel de Tai Sui

Résumé de cette étape

Dans les chapelles latérales se concentrent bougies, offrandes et fidèles. Le temple réunit 58 divinités bouddhistes, taoïstes et confucéennes, et deux d’entre elles attirent la majorité : Tai Sui, seigneur du destin annuel, et Cai Shen, dieu de la fortune. Chaque année viennent ici ceux qui sont nés une année de « pi chong », en choc avec le signe zodiacal de l’année, pour conjurer la malchance.

Le geste central est le « po ung », le dépôt du destin, une tradition documentée. Le fidèle écrit son nom, son âge ainsi que sa date et son heure de naissance dans un petit livret rouge, récite la prière imprimée sur la page centrale et, le livret fermé, se balaie le corps douze fois de la tête aux pieds avant de le laisser sur l’étagère rouge du fond. Le temple le garde un an pendant que les moines prient pour son propriétaire, et à la clôture du cycle il brûle tous les billets dans un rite d’action de grâce.

La coutume est centenaire chez les Chinois de Thaïlande, du temps où un devin calculait chaque début d’année la date de naissance du fidèle. L’étiquette « kae chong » qu’annoncent aujourd’hui les affiches, en revanche, arriva bien plus tard, dans les dernières décennies du XXe siècle, depuis Hong Kong. Comment se vit le rituel à l’autel, et ce que l’on laisse derrière soi à chaque passage, c’est ce que la narration raconte dans ce recoin.

Sok Heng et l’héritage d’un fondateur hakka

Pavillon de Sok Heng

Résumé de cette étape

Au fond de l’enceinte, trois petits pavillons ferment l’axe : l’un pour Guan Yin, la bodhisattva de la compassion, un autre pour le saint Lak Chao et un autre pour le fondateur. Tout près, des vitrines exposent des bouddhas dorés aux deux mains levées en double mudra Abhaya. Le pavillon de Sok Heng rappelle le moine à qui le roi Chulalongkorn concéda le titre de Phra Archan Chin Wangsa Samathiwat et qu’il nomma premier chef suprême du clergé bouddhiste chinois, le Chin Nikai, de Siam.

Sok Heng venait de Jiaying, l’actuelle Meizhou, terre hakka, et mourut en 1888 ; son disciple hakka Guo Wu lui succéda. À partir des années vingt arriva le déclin : le clergé chinois fut exclu des cérémonies royales, le troisième chef, Lu Qing, retourna en Chine en 1932, et son disciple Fu Ren gouverna comme abbé intérimaire sans reconnaissance royale jusqu’à partir à Hong Kong en 1942, la subvention royale suspendue et les dons effondrés sous la politique antichinoise de Phibun. Le tournant vint en 1948 avec l’abbé teochew Chang Yi.

Malgré sa taille, le temple n’est pas le plus ancien sanctuaire chinois mahayana de Yaowarat : le Wat Bamphen Chin Phrot, de 1795, est antérieur, et Sok Heng lui-même le restaura. Comment un tel temple devint le quartier général de toute une communauté est la conclusion que l’audioguide réserve à ce pavillon.

Plus de lieux à Bangkok, Thaïlande

Retour à Audioguide Bangkok

Téléchargez gratuitement l'audioguide de Bangkok

L'audioguide de Bangkok se trouve dans l'application EarGuide, gratuite et prête à l'emploi hors connexion. Gardez-le dans votre poche et parcourez la ville à votre rythme.

Prochainement

Téléchargez l’app EarGuide Écoutez-la dans l’app

Votre guide personnel dans votre poche. Disponible gratuitement pour iOS et Android. Téléchargez l’app gratuitement : audio hors ligne et guidage GPS.