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Porte de la ville de Kanchanaburi

Photo: Bjoertvedt, CC BY-SA 3.0

Histoire frontalière

Audioguide Porte de la ville de Kanchanaburi (Pratu Mueang Kanchanaburi)

Kanchanaburi · 3 étapes · 25 min

Une porte blanche crénelée, avec des canons devant et un pan de brique sur le côté, est tout ce qui reste debout de la muraille de Rama III. C'est là que se trouve l'acte de naissance de la Kanchanaburi actuelle.

  • 25 min d'audio
  • Muraille de Rama III

La porte est le dernier vestige de l'enceinte que Rama III fit élever vers 1831, lorsque la ville frontière descendit de la montagne vers le confluent des rivières. Une seule baie percée dans un bloc chaulé, couronné de créneaux carrés et flanqué de murs en gradins, porte une enseigne avec le nom de la ville en caractères thaïs. Les canons sur des piédestaux blancs et les drapeaux tricolores complètent une image qui évoque le passé militaire du lieu.

Le contraste est fort : ce qui ressemble aujourd'hui à un décor de rond-point présidait une enceinte d'environ 200 sur 436 mètres, avec des forts aux quatre coins. Au-delà de la porte, il n'y a plus de muraille continue, seulement des rues, des maisons et des bâtiments publics sur l'ancien périmètre. Au-dessus de l'arche, de plus, le nom de la ville renvoie à Khun Phaen, le héros d'un grand poème populaire thaïlandais que Kanchanaburi revendique comme sien.

À voir

  • Porte chaulée et crénelée — seul vestige debout de l'enceinte de Rama III
  • Canons anciens devant l'arche, à l'allure frontalière
  • Enceinte d'environ 200 × 436 mètres avec des forts aux angles
  • Pan de muraille de brique rouge à côté de la porte
  • Khun Phaen, le héros de poème que la ville revendique comme sien

Que voir à la Porte de la ville de Kanchanaburi se résume en une image : un bloc blanc à créneaux, plusieurs canons anciens à l’avant et un morceau de mur de brique sur le côté. C’est ce qui subsiste de la muraille ordonnée par Rama III, dont le chantier commença le 8 mars 2374 et s’acheva le 17 mai 2375 de l’ère bouddhique, vers 1831-1832. La date exacte du transfert et de la muraille est discutée selon les sources, et la conversion dans le calendrier actuel est approximative.

L’histoire de la porte est celle d’une frontière qui a changé de place. À la fin du XVIIIe siècle, Rama Ier établit Kanchanaburi comme poste défensif face à la Birmanie à Lat Ya, au pied du Khao Chon Kai. Après la guerre de 1785, la base militaire descendit jusqu’à Pak Phraek, au confluent du Khwae Yai et du Khwae Noi. L’expérience complète de l’histoire de la porte se savoure en parcourant le lieu avec l’audioguide. La porte fait partie de la vieille ville, avec la Rue Pak Phraek le long de la muraille et le Musée de guerre JEATH à environ 470 m. Un peu plus loin, à environ 3,6 km, le Wat Tham Khao Pun ajoute le versant religieux et guerrier de la même région.

Des canons devant la dernière porte

Kanchanaburi City Gate

Résumé de cette étape

Devant la porte blanche, la scène ressemble à première vue à un ornement de rond-point. Une seule baie de passage s’ouvre dans un bloc chaulé couronné de créneaux carrés, avec des murs latéraux en gradins, et plusieurs canons sur des piédestaux blancs pointent vers la rue. Des mâts portant le drapeau tricolore thaïlandais se dressent au-dessus de la porte et à ses côtés.

Ce qui ressemble à un décor est le seul vestige debout d’une enceinte d’environ 200 sur 436 mètres, avec un fort à chacun des quatre angles, un grand fort sur un monticule au front sud-ouest et un petit en face. La muraille de 1831 disparut par détérioration naturelle et par des démolitions de l’administration elle-même pour d’autres usages, et au-delà de la porte, des rues, des maisons et des bâtiments publics occupent aujourd’hui son périmètre. Les mesures varient légèrement selon la transcription de la citation de Rama V.

Au-dessus de l’arche, une enseigne en caractères thaïs porte le nom de la ville. Kanchanaburi se présente comme « Mueang Khun Phaen », la ville de Khun Phaen, et c’est ainsi que commence la devise officielle de la province. Selon la tradition documentée, Khun Phaen est le héros du poème Khun Chang Khun Phaen : soldat, séducteur et connaisseur de formules magiques, qui finit par gouverner la ville avec le titre de Phraya Kanchanaburi. Sur le Khao Chon Kai, la montagne qui domine la vieille ville, existe un sanctuaire avec des images de Khun Phaen et de son père, Khun Krai. Le détail le plus surprenant est réservé à la narration écoutée sur place.

Pourquoi la frontière est descendue vers la rivière

Muraille de brique près de la porte

Résumé de cette étape

À côté de la porte, le pan de muraille de brique rouge, partiellement enduit, introduit le tournant du récit. L’ancienne Kanchanaburi de Lat Ya, de plan rectangulaire d’environ 170 sur 355 mètres et aux forts d’angle de terre et de pierre, était encastrée dans un passage entre des montagnes sur le Khwae Yai, à environ 15 km au nord-ouest de la porte actuelle. La distance est donnée comme 14, 15 ou 16 km selon la source.

La guerre de 1785-1786 donna la leçon. À la bataille de Thung Lat Ya, le prince Maha Sura Singhanat faisait sortir ses troupes du camp de nuit et les y faisait rentrer de jour pour simuler des renforts ; le 18 février 1786, il lança l’assaut final et l’armée de Bodawpaya se retira. Ce même prince éleva aussi un campement à Pak Phraek, où se trouve aujourd’hui le centre de Kanchanaburi.

La raison du transfert était stratégique : une attaque birmane contre la nouvelle capitale devait arriver en flotte en descendant la rivière depuis Sangkhla Buri par le Khwae Noi, jusqu’au confluent même où naît le Mae Klong. S’y ajouta le commerce. Dans son récit du voyage à Sai Yok, Rama V expliqua que la vieille ville se trouvait en amont après deux rapides qui gênaient les marchands, tandis que Pak Phraek ouvrait une route facile vers Ratchaburi. Pak Phraek reste aujourd’hui un nom alternatif de Kanchanaburi et celui du sous-district où se trouve le siège du gouvernement provincial.

De la palissade à la brique de Rama III

Tronçon sud de la muraille

Résumé de cette étape

Sur le tronçon sud de la muraille, le récit passe du bois à la brique. La première Kanchanaburi de Pak Phraek n’eut pas de muraille maçonnée : elle fut close par une palissade de poteaux de bois et un talus de terre. Selon la tradition documentée, du temps de Rama II, le prince Chetsadabodin vint jusqu’ici à la tête de troupes pour barrer la route aux armées birmanes.

Ce même prince monta sur le trône sous le nom de Rama III et, devenu roi, ordonna de remplacer la palissade par une muraille et des fortins permanents. Une inscription sur pierre rapporte l’ordre : Kanchanaburi était un lieu de passage des Anglais, des Birmans et des Mon, et devait devenir un bastion du royaume. La commande revint à Phraya Ratchawarin, chef de la police royale, nommé gouverneur.

Entre 2368 et 2375 de l’ère bouddhique, années du transfert et de la muraille, la ville fut gouvernée par Phraya Prasit Songkhram, surnommé « le gouverneur aux yeux rouges » (Chao Mueang Ta Daeng). La porte a ainsi une histoire personnelle : le roi qui la fit élever connaissait la frontière de l’intérieur, pour l’avoir gardée dans sa jeunesse derrière une simple clôture de bois.

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